Manifestation contre la flamme olympique

Sunday, December 6th, 2009

noolympicsweb

Contexte :
À peine quelques mois avant le début des Jeux olympiques d’hiver à Vancouver/Whistler, en février prochain, et à quelques jours du passage du relais de la flamme olympique (commanditée par Coca-Cola et la Banque Royale du Canada) à Montréal, le JEUDI 10 DÉCEMBRE, des activistes de solidarité avec les peuples autochtones et des militantEs pour la justice sociale répondront à l’appel lancé par le Réseau de résistance aux Olympiques en manifestant contre le Relais de la flamme.
Nous soulignons particulièrement notre appui à la résistance autochtone contre les Olympiques en « Colombie-Britannique ». Nos alliéEs Autochtones ont bâti une campagne de sensibilisation et de résistance contre les prochains Jeux olympiques d’hiver à Vancouver/Whislter, et nous manifestons notre solidarité avec leur appel, sous la bannière « Pas de Jeux sur des terres volées! »
Nous dénonçons également tous les autres impacts négatifs de l’industries olympique, ainsi résumés par le Réseau de résistance aux Olympiques à Vancouver : « Les Jeux ne sont pas qu’une innocente manifestation de la « noblesse du sport » : l’histoire des Jeux olympiques est complètement entachée par les déplacements forcés, l’avarice des entreprises, le fascisme, la répression et la violence. Seules les élites politiques et économiques (des promoteurs immobiliers aux commanditaires officiels) arrivent à tirer profit de l’industrie olympique. Les conséquences négatives des prochains Jeux olympiques d’hiver sont annoncées d’avance : l’expansion du tourisme sportif et de l’extraction des ressources sur des territoires autochtones non cédés ;
l’explosion de l’itinérance et de l’embourgeoisement des quartiers pauvres ; la privatisation des services publics ; des pratiques anti-syndicales, des contrats imposés et des conditions d’exploitation pour la main d’œuvre migrante ; un appareil de sécurité coûtant au minimum 1 milliard de dollars, doublé d’une attaque vicieuse contre les libertés civiles fondamentales ; 6 milliards de dollars tirés directement des fonds publics ; une destruction sans précédent de l’environnement ».

Lancement du journal L’Intérêt Public

Wednesday, December 2nd, 2009

lancement

Cette semaine au CAC

Monday, November 2nd, 2009

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Manifestation contre Bush

Sunday, October 18th, 2009

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CLAC

Tuesday, September 29th, 2009
Cercle de lecture du CAC-UQAM

Ce Vendredi 2 octobre à 14h00, rendez-vous devant le J-M770


Assemblée préparatoire
- Choix des thèmes
- Choix de la formule de discussion
- Choix des textes

Assemblée Générale

Friday, September 18th, 2009
Assemblée Générale

du Comité Anti-Capitaliste de l’UQAM

Ce Vendredi 25 septembre à 12h30 au A-2405

Suite de l’AG du 17 septembre

Ordre du jour :

1. Plan d’action
2. Élections
3. Finances

Assemblée générale

Saturday, September 12th, 2009
Assemblée Générale

du Comité Anti-Capitaliste de l’UQAM

Ce Jeudi 17 septembre à 12h30 au A-2405

Ordre du jour :
1. Présentation du comité
2. Principes d’unité
3. Plan d’action
4. Élections
5. Finances

Pour un 1er mai révolutionnaire

Thursday, April 9th, 2009

Le Comité Antpicaliste UQÀM à décidé de mobiliser les étudiants en vue de participer à une grande manifestation anticapitaliste le 1er mai 2009. Voici l’appel lancé par les différents groupes participants :

L’heure est grave. Le monde entier traverse une crise économique, environnementale et sociale sans précédent. Une crise qui a des répercussions désastreuses sur la vie de milliards d’êtres humains ; pertes massives d’emploi, baisses de salaires, faillites à la chaîne, sous-alimentation, appauvrissement, guerres et désespoir grandissant.

Comment en sommes-nous arrivés là? Comment des sociétés qui produisent autant de richesses peuvent-elles être plongées dans une insécurité économique d’une telle ampleur? La raison est simple, elle réside dans la fixation maladive de surenchère du profit des grands argentiers. C’est cette même fixation qui dicte les lois de la production, de la surconsommation, de l’endettement et de la spéculation.

Tous les soirs aux nouvelles, politicien-ne-s et hommes d’affaires nous servent la même vieille salade pourrie. Ils tentent de nous faire avaler qu’il ne s’agit là que d’un mauvais moment à passer et que le système capitaliste n’est pas à remettre en cause. Pour eux, la solution se trouve dans l’augmentation de la production, des réductions de salaires et de grasses subventions à leurs petits copains, les propriétaires d’industries polluantes et autres banquiers véreux.

Alors que ce sont ces mêmes banquiers qui nous ont mis dans le pétrin, alors que tout le monde s’entend pour dire qu’il est urgent de remédier au désastre écologique actuel et que plus d’un milliard de personnes souffrent de la faim, nos gouvernements préfèrent continuer de nous gaver de fausses illusions plutôt.

Parce que de toute façon, les répercussions de la crise, ce ne sont pas eux qui les vivent. Au contraire, ils profitent de la situation pour nous faire passer des mesures toujours à droite sous prétexte qu’il faut se serrer la ceinture; augmentation des tarifs d’électricité et de transports, coupe dans les programmes sociaux, privatisation de la santé etc. Ce qu’ils oublient de mentionner, c’est que pendant que le monde crève de faim, eux, continuent de vivre sur notre dos.

On ne se fera pas avoir par leurs menteries! Nous n’avons aucune raison d’espérer que les parlementaires et les gros bigshots de la finance mondiale vont nous tirer du gouffre dans lequel nous nous enfonçons, pour la simple et bonne raison que ça fait leur affaire. Et ce n’est pas la nomination d’Obama à la tête des États-Unis qui va y changer quelque chose.

Nous ne pouvons pas non plus nous contenter de petites réformettes gauchistes qui ne seraient rien de plus que de la vulgaire poudre aux yeux. Le problème, ce n’est pas la crise, c’est le capitalisme! Le capitalisme est un monde ou la majorité de la population souffre, où la guerre est un moyen comme un autre de faire de l’argent et ou la destruction de la planète est un « mal nécessaire » à un certain progrès.

Tant qu’on vivra dans un système fondé sur l’accumulation irrationnelle du profit et non sur les besoins humains, tant qu’on vivra dans une société qui permet à une infime minorité de concentrer une part grossièrement disproportionnée des richesses, et ce, au détriment des conditions de vie de la majorité d’entre-nous et de l’environnement, aucune issue n’est possible!

La vie peut et doit être meilleure. Nous devons nous organiser et lutter ensemble pour renverser ce système qui a fait son temps! Partout à travers le monde, le 1er mai, les travailleurs, les travailleuses, les sans-emploi et les opprimé-e-s manifestent contre la misère, la pauvreté et les injustices. Cette journée commémore le souvenir de la grève de Chicago en 1886. Les grévistes qui revendiquaient la réduction des heures de travail ont étés sévèrement réprimé-e-s, certain-e-s y laissèrent leur peau. Le 1er mai c’est aussi l’occasion de se rassembler et de dire qu’on en a assez de ce monde pourri.

Pour la première fois à Montréal, en 2008, une manifestation autonome et anticapitaliste était organisée sur une base unitaire à l’occasion de la Fête internationale des travailleuses et travailleurs. Une foule de plus de 800 personnes a pris la rue pour crier sa colère contre le statu quo. Cette manifestation a subi la répression policière, mais nous ne devons pas leur donner la satisfaction que leurs tactiques d’intimidation fonctionnent en restant sagement à la maison.

C’est pourquoi, cette année encore, nous appelons à la tenue d’un Premier Mai anticapitaliste à Montréal! Disons haut et fort que nous en avons assez de cette clique de privilégiés qui n’ont jamais assez de profits!

Les groupes signataires de cet appel vous invitent à vous joindre à eux et à mobiliser pour faire du Premier Mai 2009, une journée historique! Pour information : 1ermai2008@gmail.com .

Une invitation des groupes suivants : La Pointe Libertaire, Le Parti communiste révolutionnaire, L’Union des communistes libertaires, RASH, ANTIFA, ANARKIA, Le Comité des sans-emploi Montréal-Centre, Le Comité anti-capitaliste de l’UQAM et La Coalition contre la Répression et les Abus Policiers.

Pour un contingent anticapitaliste le 26 mars !

Tuesday, March 17th, 2009

Voici le texte du tract distribué par le Comité Anti-Capitaliste UQAM en ce qui concerne la manifestation du 26 mars de l’ASSÉ. Rejoigniez nous sous la bannière du CAC-UQAM !

Manifestation contre la privatisation des services sociaux

Jeudi 26 mars à 14h30 au Parc Émilie-Gamelin (Métro Bérri-UQAM)

Le Comité Anti-Capitaliste UQÀM vous invite à participer au contingent anticapitaliste de la manifestation du 26 mars organisée par l’Association pour une Solidarité Syndicale Étudiante. Pour plus d’informations sur cette manifestation, consultez le site web : asse-solidarite.qc.ca

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«La mauvaise gestion et le sous financement servent d’alibi au gouvernement afin d’offrir plus de pouvoir aux entreprises privées dans nos programmes sociaux. Ces entreprises, avides de profit, offrent des produits et services dont l’accessibilité et la qualité sont souvent inférieures à celles offertes par le système public, tout en offrant des conditions de travail peu enviables à leurs employé-e-s.[...] Nous dénonçons les intérêts et la logique du privé dans les institutions publiques. Pour lutter contre cette ingérence du privé, nous revendiquons un investissement public massif dans les services publics, mais aussi que soit rétablie la primauté de l’être humain sur les profits. Il faut expulser l’entreprise privée des instances décisionnelles, établir un processus démocratique participatif et prendre en main notre destin collectif.» (manifeste «Pour un système public, libérons-nous du privé!» de l’Association pour une Solidarité Syndicale Étudiante)

L’ASSÉ (Association pour une Solidarité Syndicale Étudiante) n’a pas tort. L’entreprise privée, dans le mode de production capitaliste, n’a qu’un intérêt : faire des profits. Dès lors, comment lui faire confiance pour la gestion des services dits publics? D’autant que la crise économique – qui n’a été ni prévue, ni prévenue par les financiers et gestionnaires bien-pensants – montre que l’entreprise privée est faillible.

On ne peut pas prétendre sérieusement que le privé a une gestion exemplaire quand les plus grandes banques, les plus grandes compagnies d’assurances et les plus grands constructeurs automobiles sont en train de faire faillite. Pourquoi alors cette ferveur de l’État et de ses représentant-e-s à défendre la présence croissante du privé dans les services publics? Pour le comprendre, il faut aller plus loin que le discours convenu des syndicats sur la privatisation des services sociaux, sur les partenariats public-privé (P.P.P.) et le néolibéralisme.

L’État capitaliste

L’État providence est un mythe. L’État n’est ni neutre, ni démocratique; il ne veille pas à l’intérêt général, mais bien à l’intérêt de la classe dominante. Dans le mode de production capitaliste, l’État est capitaliste. Il n’est pas au service du peuple; il sert le capital et la classe qui en profite, la bourgeoisie. Ses représentante- s sont des capitalistes notoires : pensons à Paul Martin, qui a modifié la loi concernant l’évasion fiscale alors qu’il occupait le poste de ministre des Finances… de telle sorte qu’il puisse échapper à l’impôt en enregistrant sa compagnie, la Canada Steamship Lines, dans les paradis fiscaux; à Philippe Couillard qui, à titre de partenaire du Fonds d’investissement PCP en santé, fait la promotion des partenariats public-privé en santé; ou encore à Frank Zampino, aujourd’hui chef de la direction au sein de la firme génie-conseil Dessau – firme qui avait obtenu un contrat de 350 millions, le plus gros contrat jamais consenti par la Ville, alors que F. Zampino était lui-même président du comité exécutif de Montréal.

C’est par la lutte que nous avons pu obtenir des concessions, les fameux «acquis sociaux». Le prolétariat a dû perturber l’ordre social pour acquérir un système de santé public, universel et gratuit et pour acquérir un système d’éducation accessible. Le modèle social québécois s’est érigé grâce aux immenses mobilisations qui eurent lieu durant la période que l’on nomme ironiquement la Révolution tranquille.

C’est aussi par convenance que ces changements ont pu prendre place. L’interventionnisme massif de l’État dans l’économie est apparu dans une période où le capitalisme avait structurellement besoin de ce support pour survivre. Les infrastructures publiques obtenues par les luttes pouvaient alors être compatibles avec l’objectif de profit: l’éducation publique, par exemple, permettait aux capitalistes d’engager une main d’œuvre plus qualifiée.

Il n’y a d’acquis que par la lutte

Mais ce n’est pas un hasard si nos acquis sociaux sont aujourd’hui remis en cause. Les mouvements sociaux ne sont plus combatifs; la plupart ne luttent plus pour perturber, voire renverser l’ordre social, mais simplement pour s’y incorporer correctement. Ils ont été assimilés par l’État et par le capitalisme. Certaines centrales syndicales comme la FTQ (Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec) produisent une élite bureaucratique qui copine avec la classe dominante; certaines gèrent des fonds de «solidarité»… et investissent dans des entreprises privées pour en maximiser les profits. Les intérêts des travailleurs et travailleurs sont-ils vraiment défendus? Non. Et ce n’est pas le fameux « néolibéralisme » qui est responsable de cette dérive, c’est le capitalisme, tout simplement.

De la nécessité de s’opposer au capitalisme

La manifestation du 26 mars contre la privatisation des services sociaux est pertinente, certes. Mais si nous voulons vraiment changer quelque chose, il faut s’attaquer à la racine du problème. C’està- dire être radical. Anticapitaliste. C’est pourquoi l’on propose quelques petits ajouts au manifeste de l’ASSÉ: La mauvaise gestion et le sous financement servent d’alibi à l’État et au capital pour renforcer leur mainmise sur nos vies par l’intermédiaire des entreprises privées. Ce n’est pas seulement de l’accessibilité et de la qualité des services publics dont il s’agit; il s’agit du pouvoir de l’État et du capital à faire un monde à son image, à nous assimiler. Nous dénonçons les intérêts et la logique du privé dans les institutions publiques, mais nous soutenons que ces mêmes institutions seront fragiles, vulnérables, tout aussi longtemps que nous nous acharnerons à survivre et à nous incorporer au mode de production capitaliste. Pour lutter contre les ingérences du privé, nous revendiquons la fin de la société capitaliste-marchande de sorte que soit rétablie la primauté de l’être humain sur les profits. Il faut détruire l’entreprise privée, prendre en main les instances décisionnelles, établir un véritable processus démocratique participatif et prendre en main notre destin.

Les conditions ne sont pas réunies pour renverser le capitalisme; nous en convenons. Cependant, il est primordial de mettre de l’avant cet objectif dès maintenant. L’opposition au capitalisme doit devenir «mainstream» afin d’accéder à un seuil révolutionnaire, et l’opposition au capitalisme ne deviendra «mainstream» que si l’on se manifeste en tant qu’anticapitalistes.

En ce sens, une lutte comme celle des étudiant-e-s est juste car, tout en permettant la défense ou le gain de certaines conditions, les mobilisations qu’elle entraîne mènent à radicaliser ceux et celles qui y participent. Seulement, tout comme l’accumulation des gains ne menace pas en soi le capitalisme, la multiplication des luttes n’est pas synonyme de lutte révolutionnaire. Dans les deux cas, une rupture qualitative est nécessaire : d’un côté, abattre le capitalisme et de l’autre, mettre de l’avant le discours anticapitaliste. La mise en pratique du discours ou le discours sur la pratique pose donc comme nécessité de sortir des cadres établis par le corporatisme, d’unir les différentes luttes en leur faisant faire un bond qualitatif pour les mettre sur le terrain de la lutte révolutionnaire.

Le Comité Anti-Capitaliste UQÀM (CACUQAM) appelle donc à participer à la manifestation du 26 mars sur une base révolutionnaire en joignant le contingent anticapitaliste. Aussi, il invite à la formation de comités semblables sur l’ensemble des campus. Pour assurer la diffusion du discours et sa mise en pratique, le CAC mise sur l’organisation des étudiant-e-s sur une base révolutionnaire.

C’est aussi dans cette optique que nous mènerons dans le mouvement étudiant, dès l’automne prochain, une campagne sur la nécessité d’un changement de stratégie s’opérant au travers du passage de la grève économique-corporatiste à la grève politique. La crise économique actuelle, considérée comme crise du capitalisme, est la pierre angulaire de cette transition.

L’articulation des luttes visant des gains immédiats avec la lutte révolutionnaire se facilite, car l’ensemble du prolétariat, y compris sa faction étudiante, est gravement touché. Ce qui doit être visé, ce sont des luttes radicales tendant à l’unité de la classe exploitée, seule capable d’abattre le capitalisme. Il faut donc, plus que jamais, mettre de l’avant une critique radicale et multiplier nos fronts de lutte afin d’un jour dépasser le cadre du capitalisme, du patriarcat et de la domination sous ses diverses formes.

Analyse critique de la grève des profs

Wednesday, February 25th, 2009

Voici le texte principal du tract distribué par le Comité anti-capitaliste UQAM sur la question de la grève des professeurs à l’UQAM.

Les profs sont en grève!

Quelques jours de grève, selon le besoin. Histoire de faire monter la pression d’un cran sur l’administration. C’est un début !

Ils et elles exigent la création de 300 nouveaux postes de profs
Des profs, pas des chargé-e-s de cours. Il faut augmenter le ratio professeur : étudiant de même que le ratio professeur : chargé-e-s de cours qui sont actuellement derrière ceux des autres institutions. 300 nouveaux profs, ça représente une augmentation d’environ 30% du corps professoral. C’est une mesure qui devrait augmenter la qualité de l’éducation à l’UQÀM. C’est excellent ! Mais comment y arriver?

Hausses salariales
Le syndicat des profs (SPUQ) affirme que pour attirer un tel effectif, il faudrait une hausse salariale afin de rattraper les autres universités montréalaises. Ça permettrait d’attirer des candidate- s potentiel-le-s. Il faudrait aussi faire passer les versements du congé sabbatique de 80% à 90% du salaire annuel ainsi qu’augmenter les allocations de recherche.
Cela pourrait sembler logique dans un contexte de pénurie de diplômé-e-s, mais ce n’est présentement pas le cas. Plusieurs titulaires de diplômes sont au chômage, alors que d’autres survivent comme chargés de cours. Il serait donc plutôt facile de combler des centaines de nouveaux postes de professeurs sans augmenter les salaires.

Une logique de compétition

De plus, ces revendications s’insèrent dans le cadre d’une compétition malsaine entre institutions universitaires. Une telle compétition, nécessaire diront certain-e-s, a des conséquences importantes sur la démocratisation du savoir. Certaines universités en ressortent gagnantes et d’autres perdantes. Des universités pour l’élite et d’autres pour le reste. Et encore, ce reste est lui aussi composé d’une élite, mais nous y reviendrons.

Il nous semble manifeste que, derrière le beau principe de la qualité de l’éducation, se cache le corporatisme d’une couche aisée. Sérieusement, en 2005, leur salaire annuel moyen était de 86 812$… Dans le contexte d’une crise économique, d’une crise écologique, alors que le capitalisme craque de partout et que de nombreuses mises à pied se font, nos intellectuels pensent à gonfler leurs revenus. Revenu qui est déjà parmi les plus élevés du salariat québécois.

Malgré tout, les professeurs ont la décence de dénoncer l’ingérence grandissante du privé dans notre institution dite « publique ». Mais encore ! Ce n’est que lorsque leurs acquis sont en jeu. On n’entend pas beaucoup parler du financement privé de leurs recherches, ni de l’arrimage des programmes d’études aux besoins des multinationales… Ce qui est attaqué, c’est l’intrusion du privé lors de LEURS négociations. C’est la perte de pouvoir de LEURS membres au sein de l’université par l’augmentation du nombre de représentant-e-s de l’entreprise privée sur le CA de l’UQÀM. Le privé, c’est bien quand ça fait notre affaire seulement ? Le SPUQ défend l’intérêt de classe de ces membres, sans réelle visée sociale autre que le maintient de leur statut de petit-bourgeois.

Pourquoi maintenant ?
On est en droit aussi de se questionner sur leur décision de mettre la pression maintenant alors que leur convention collective est échue depuis près de deux ans. Officiellement, c’est parce que le gouvernement a décidé de libérer l’UQÀM du fardeau de l’îlot-voyageur et du complexe des sciences à la fin de 2008. Auparavant, il y avait trop d’insécurité financière. La qualité de l’éducation pouvait bien attendre.
Il y a un an, 12 000 étudiant-e-s étaient en grève. Ils mettaient la pression sur le gouvernement, mais aussi principalement sur l’administration. À l’époque, les professeurs étaient déjà sans convention. Au lieu de pousser les choses au moment où l’université était déjà paralysée par la grogne estudiantine, au lieu que tou-te-s s’appuient dans la lutte et que naisse une belle solidarité, ce fut l’attente. L’attente…

Le rôle de l’université
S’il y a un corporatisme flagrant derrière tout ça, il ne faut pas nier les bonnes intentions qu’ont plusieurs professeurs. C’est vrai qu’il y a différentes tendances à l’oeuvre. Si certain-e-s ne cachent pas leur volonté de créer une société sur les bases d’une classe bourgeoise qui peut diriger et contrôler la société, de nombreux autres tiennent vraiment à une éducation de qualité, accessible et libre de l’ingérence du privé. Malheureusement, cela ne changera pas le rôle de l’université.

Dans les faits, généralement, qui va à l’université? À quoi sert l’université? Il ne faut pas se le cacher, l’université est un outil de reproduction de la classe dominante. Oui, il y a une certaine mobilité sociale. Assurément plus grande qu’il n’y a pas si longtemps. Aussi, le savoir est plus accessible qu’avant. Oui, il s’y diffuse un savoir critique du système capitaliste. Principalement, mais non exclusivement dans les sciences humaines. Mais, à part quelques cours, la grande masse de ce qui y est transmis répète les mêmes sornettes qui rendent légitime la suprématie capitaliste.

Les diplômé-e-s de l’UQÀM, qui constitueront l’élite québécoise de demain, aveuglé-e-s par des années de propagande idéologique institutionnelle, défendront le capitalisme tout comme le fait l’élite actuelle.

La social-démocratie universitaire
Et quand même que nos braves professeurs, vaillante-s militant-e-s sociodémocrates, parviennent à faire de l’UQÀM l’institution du savoir la plus accessible de toutes, s’ils ne sortent pas de leur petit milieu d’élite, ils ne pourront jamais toucher à un problème beaucoup plus important : les nombreuses filles ou fils des de petits salariés qui décrochent avant le cégep.
Il y a écrémage de l’élite tout au long du parcours des jeunes. Ça se fait avec
des classes pour élèves plus doué-e-s, avec des écoles secondaires privées qui sélectionnent les meilleurs éléments et avec un contingentement hautement compétitif des programmes les plus prestigieux. Il y a peu de gens des classes populaires qui se rendent en médecine, et c’est pas qu’ils ne sont pas assez brillants. Il y a aussi peu d’enfants de médecins qui finissent en soudure.

L’université, sous la tutelle de l’État capitaliste, même accessible à tous et chacune, reproduit la classe bourgeoise qui ne pense qu’à privatiser. Élite qui va, tôt ou tard, saper dans l’école publique et son accessibilité.


L’élitisme universitaire

Comme nous l’avons mentionné plus haut, il y a aussi des professeurs qui croient sincèrement qu’une augmentation de la qualité de l’éducation à l’UQÀM n’est possible que par la comparaison compétitive de nos diplômes avec les autres universités, par le resserrement des critères de sélections et par l’augmentation du salaire des profs afin d’attirer la crème du milieu intellectuel. Quitte à faire payer un peu plus les étudiant-e-s. Cette vision élitiste, que partage la tendance libérale et conservatrice, il faut
s’y opposer sérieusement !

Après tout, c’est la formulation explicite du rôle de l’université dans la société capitaliste : éduquer les dominant-e-s de demain à conserver leur pouvoir. Les profs qui pensent ainsi ont choisi leur camp, et
on n’a pas grand-chose à leur dire.

Message aux progressistes
C’est donc aux professeurs progressistes qu’on s’adresse. Celles et ceux qui pensent que la gratuité scolaire n’est pas une mauvaise idée et qui s’indignent que les injustices et les inégalités soient toujours une réalité au 21e siècle. Votre implication dans cette lutte syndicale aux visées plutôt courtes et vos écrits ésotériques sur le capitalisme ne suffiront pas à renverser la tendance. Vous avez les moyens financiers, vous avez l’influence et vous avez la réputation nécessaire pour prendre part de façon
importante à la lutte des classes. Pour ça, il vous faudra sortir du milieu petit-bourgeois pour vous impliquer directement dans la lutte du prolétariat contre le capitalisme. Pour une éducation populaire.

Au plaisir !